LA RAISON NE SUFFIT PAS. IL EST AUSSI ESSENTIEL D’AVOIR DE L’INSTINCT.

Ne trouvez-vous pas admirable la faculté de certains à réagir sur le vif, à formuler l’argument percutant dans le feu d’une discussion animée? Êtes-vous intrigué par ces personnes en mesure de prendre des décisions sur la base de très peu d’informations? Ou encore capables de proposer une idée inattendue permettant de considérer une situation complexe sous une toute nouvelle perspective?

Êtes-vous l’une de ses personnes?

Nous vivons à une époque où les facultés rationnelles sont essentielles à notre performance professionnelle. Notre formation scolaire nous y prépare depuis notre plus tendre enfance.

La recherche en management, en particulier, s’est longuement attardée à comprendre et à modéliser le processus rationnel de résolution de problème et de prise de décision des leaders à succès. On le décrit comme un processus lent et requérant un effort soutenu; il jongle avec de multiples informations, et progresse par étape jusqu’à tirer une conclusion logique.

Le processus rationnel a fait ses preuves, vous en conviendrez. Mais peut-on prétendre qu’il soit infaillible?

Qu’arrive-t-il en particulier lorsqu’il y a peu d’information pour prendre une décision (et aucune possibilité d’en obtenir plus)? Ou encore qu’il y ait tellement d’informations contradictoires qu’il devient ardu, voire impossible, d’en tirer des conclusions? Comment faire lorsqu’il y a urgence de prendre une décision, ou encore qu’il faille réagir efficacement lorsque soumis à une grande pression?

 

Le processus rationnel est lent et délibéré. Alors qu’est-ce qui permet de réagir instantanément?

L’instinct. Les feelings. Les gut feelings. Bref, l’intuition.

Cette faculté qui peut faire la différence entre un succès potentiel et un échec assuré.

L’intuition est rapide, et nous impose spontanément une conclusion sans que nous ne soyons conscients des étapes intermédiaires – bien qu’il soit souvent possible a posteriori de justifier notre intuition. Elle repose essentiellement sur les connaissances accumulées au fil de nos expériences, trop souvent oubliées, et aux modèles du monde que nous nous sommes créés, et dont nous avons souvent peu conscience. L’intuition n’est ni surnaturelle, ni magique, ni paranormale. Elle est simplement l’un de deux modes de pensée du cerveau humain, et ce, au même titre que la raison.

En fait, l’intuition est le mode de pensée qui dirige la majorité des décisions que nous prenons dans une journée. Prenons par exemple le choix d’un repas au restaurant. Vous lisez le menu, et faites le choix spontané pour un mets ou un autre. C’est alors votre processus intuitif qui intervient – à moins que vous n’ayez une diète particulière qui vous force à ralentir et à faire intervenir votre raison, afin d’analyser et de déterminer les mets qu’il vous est possible de consommer.

Il en est de même pour les décisions prises dans un contexte professionnel, même pour les plus rationnels d’entre nous. En effet, les leaders tiennent compte de leurs intuitions – en plus de leur analyse rationnelle – pour prendre des décisions.

« 90 % des 2000 leaders ayant participé à une étude ont déclaré avoir utilisé leur intuition en combinaison avec l’analyse rationnelle des données. Ils ont constaté que leurs décisions ont ainsi été accélérées, et ont été meilleures » (Burke, Miller)

« Les gestionnaires au top des organisations étudiées ont eu des scores supérieurs aux scores des gestionnaires intermédiaires ou de premier niveau quant à leur habileté à utiliser leur intuition pour guider les décisions les plus importantes. »  (Agor)

Pourtant, vous conviendrez avec moi que l’intuition est une faculté méconnue, généralement soumise à la loi du silence. Nous nous vantons aisément de la recherche poussée et de l’analyse approfondie que nous avons réalisées pour donner de la crédibilité à nos arguments. À quand remonte la dernière fois où nous avons justifié une décision d’ordre professionnel sur la seule base de notre intuition?

Mon propos n’est pas tant de glorifier l’intuition que de lui rendre justice, car non seulement elle est innée et incontournable, mais sa maîtrise permet de faire appel à des connaissances inaccessibles à la raison.

Il ne s’agit pas non plus de privilégier l’intuition au détriment de la raison, comme certains auteurs populaires en font la promotion. Je propose plutôt qu’il s’agisse de prendre conscience de ces deux facultés, de les combiner, pour faire appel à notre plein potentiel. Il est infiniment plus puissant de naviguer harmonieusement entre nos deux modes de pensée, que de nous en remettre entièrement à un mode plutôt qu’à l’autre.

Nous passons des années à développer nos compétences rationnelles, mais qu’en est-il de nos facultés intuitives?

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